Le Cambodge est un pays d'Asie du Sud-Est, délimité au Nord par le Laos, à l'Est et au Sud-Est par le Viêt-nam, au Sud-Ouest par le Golfe de la Thailande et au Nord-Ouest par la Thailande. Ce pays de 181 035 km2, compte environ 12 millions d'habitants, ce qui fait de lui - avec le Laos - le pays le moins peuplé de la péninsule indochinoise.

Phnom Penh, la capitale, se situe au croisement de quatre cours d'eau, qui forment un X : le Mékong (le haut Mékong au Nord de Phnom Penh et le bas Mékong au Sud), le Tonlé Sap qui est un immense lac relié au Mékong par un canal naturel et le Bassac, sorte d'appendice appelé défluent.
Chaque année, à la saison des pluies, le Tonlé Sap se remplit en accueillant les volumes d'eau du Mékong que la mer ne peut contenir. Le cours d'eau du Tonlé Sap remonte donc vers les terres au lieu de continuer vers la mer ! Ainsi la superficie du lac double, passant de 3000 à 7500 km2. En saison sèche, le cours du Tonlé Sap reprend son cours normal et se jette à nouveau dans le Mékong. C'est le bon vieux système des vases communicants. Ce phénomène, unique au monde, assure aux terres de la région du Tonlé Sap une très grande fertilité.
Le relief du Cambodge est moyen avec tout de même un sommet à près de 1800 m d'altitude au Sud-Ouest. On trouve quelques plateaux au Nord et deux chaînes de basses montagnes à l'Ouest.
Le Cambodge est gouverné par une Monarchie Constitutionnelle et Parlementaire, à tendance dure. Le Roi Norodom Sihanouk, à qui la Constitution donne peu de pouvoir politique, mais qui jouit d'un grand pouvoir moral, est un personnage très populaire et parfaitement francophone. En novembre 2004, il a abdiqué en faveur de son fils Norodom Sihamoni. Le Premier Ministre, Hun Sen, très controversé, est l'homme fort du pays.
Le bouddhisme est religion d'Etat. Chrétiens et Musulmans sont présents au Cambodge et ont la liberté de culte totale. Les Catholiques peuvent assister à une messe en français deux fois par mois et chaque dimanche en langue khmère.
La plupart des habitants du Cambodge sont des khmers, à 90%. Ils occupent le pays depuis le début de notre ère. Ils parlent le khmer - langue de la famille austro-asiatique-, langue officielle du pays. Le reste de la population est composé principalement de Vietnamiens (5%), de Chams (2.3%) et une influente communauté chinoise (3.5%), parlant le mandarin. Le mandarin, l'anglais et le français sont des langues commerciales. Le français est parlé par l'intelligentsia et les générations les plus anciennes, qui ont survécues aux Khmers Rouges. L'administration et le secteur public comptent de nombreux francophones. Toutefois, la majorité des jeunes, qui étudient une langue étrangère, ont tendance à privilégier l'anglais.
On ne peut pas comprendre le Cambodge, sans connaître son histoire. Comme les Khmers me l’ont souvent répété « Nous avons toujours le sourire, mais pourtant nos cœurs sont brisés ».
Paradoxalement, ce petit état a donné au monde de magnifiques choses (les Temples d'Angkor) mais aussi de terribles (le génocide khmer rouge).
Du VIème siècle au XVIème siècle, le peuple khmer règne sur toute la péninsule indochinoise (une bonne partie du Viêt-Nam, du Laos et de la Thailande actuelle). C'est à cette période qu'est construite la presque totalité des temples khmers que nous connaissons aujourd'hui et dont les Khmers sont si fiers.
Au XIIIème et XIVème siècle, tout change, le territoire khmer se rétrécit comme une peau de chagrin et le royaume est en déclin. Les Thais occupent une bonne partie du territoire khmer jusqu'en 1863, date de l'arrivée des Français, qui établirent un protectorat sur le Cambodge. Pendant cette période, les Français ont eu libre cours pour organiser le pays. Des administrateurs français furent postés dans tout le Cambodge. Dès cette époque, les textes de lois et les documents judiciaires furent rédigés uniquement en français. Pendant près d'un siècle, toute l'administration cambodgienne utilisa le français dans les textes officiels ainsi que pour l'enseignement, les enseignes de magasins, la circulation routière, etc. Dans les écoles, l'enseignement du français devint obligatoire et remplaça le sanskrit et le pâli. L'enseignement s'y donnait presque entièrement en français et les enfants y apprenaient cette langue dès les classes primaires tandis que les programmes d'examens du baccalauréat étaient ceux de la France. Des milliers d’instituteurs français vinrent au Cambodge faire apprendre les matières générales, mais aussi les éléments de l'administration publique, de la médecine et du droit. Jusqu'à aujourd'hui, certaines facultés d'université n'ont enseigné qu'en français (parfois en anglais, ces dernières années). Plusieurs autres écoles supérieures spécialisées, comme celle de Médecine, de l'Agriculture, ouvrirent aussi leurs portes, toutes en français. Après l'Indépendance (1954), cette politique se transforma en une certaine « khmérisation » qui se manifesta à la fois sur la législature, la justice, l'administration publique et les programmes scolaires. Il faut comprendre que cette « khmérisation » se concrétisa dans une forme de bilinguisme franco-khmer qui s'étendit partout, sauf dans les universités (restées en français).
A partir de 1970, le Cambodge entre de plain-pied dans la guerre civile, envenimée par la guerre froide. Le 17 avril 1975, le Cambodge tombe dans l'horreur, avec l'arrivée des Khmers Rouges dans la capitale. En 48 heures, ils vident entièrement la population de Phnom Penh pour la déporter à la campagne. Personne ne fut épargné, ni les vieillards, ni les patients des hôpitaux ! Ceux qui ne pouvaient ou ne voulaient pas partir, étaient abattus sur place. Sur 2,5 millions d'habitants que comptait la capitale, on estime à 400 000 le nombre de victimes qui n'ont pas pu fuir, notamment les vieillards et les enfants et qui ont été tués sur place en l’espace de 3 jours.
Les Khmers Rouges proclamèrent à la radio, l'aube d'une renaissance totale : « l'année zéro ». Toute la campagne cambodgienne fut transformée en un immense camp d'extermination : les militaires de l'ancien régime, les fonctionnaires, l'intelligentsia, les bonzes ou même ceux qui portaient simplement des lunettes (vus comme des intellectuels par les Khmers Rouges) étaient supprimés. Le reste de la population devait accomplir des travaux forcés dans les campagnes (construction de digues à mains nues, trait de charrues par l'homme, etc.) plus de 16 heures par jour avec une ration alimentaire limitée au strict minimum, voire supprimée au cas où les quotas n'auraient pas été respectés. Cloisonnés dans des campagnes dont ils n'ont pas l'habitude, en proie aux maladies, au soleil, à la faim et aux travaux de force, les citadins et même les villageois de souche sont condamnés à brève échéance. Les hôpitaux des villes sont interdits d'accès, les médicaments réservés aux combattants et les médecins traqués pour être éliminés. Pour les Khmers Rouges, « il vaut mieux tuer un innocent que de garder un ennemi en vie ». Pour économiser les cartouches, on fracasse les têtes des condamnés à coup de pioche, on les décapite à l'aide de tiges de palmiers à sucre, etc... Une nouvelle expression apparaît : « faire de l'engrais ». Elle indique très clairement le sort de ceux qui refusent l'autorité de l'Angkar.
On estime que ce régime, qui dura 3 ans, 8 mois et vingt jours, fit environ 50% de morts et détruisit entièrement le Cambodge, tant sur le point démographique, socio-culturel, économique que politique. En 2004, 25 ans après la fin du régime de Pol Pot, la démocratie au Cambodge n'est toujours pas de mise. Toute contestation au régime est vite réprimée en silence ou dans la violence. Sous couvert d'une relative stabilité politique et économique, le gouvernement cambodgien s'octroie des faveurs pour installer un régime fort aux coudées franches. Le peuple reste très vulnérable. Les plus de trente ans sont « cassés » psychologiquement. De nombreux Cambodgiens souffrent de désordres dus à des stress post-traumatiques. Des désordres dont les symptômes sont nombreux : cauchemars, flash-back, souvenirs perturbants, faible concentration, irritabilité, mutisme, hallucinations auditives ou visuelles. Les jeunes, très nombreux, qui ne connaissent souvent rien de ce passé tourmenté, sont avides de modernité (il suffit de voir leur manière de s’habiller, de se coiffer, ils prennent beaucoup exemples sur les pays occidentaux, particulièrement les USA), de réussite, de connaissances (de nombreuses écoles et universités privées fleurissent un peu partout) et de consommation (les soirs de week-end, les grandes surfaces modernes comme SOURYA sont submergées de cette jeunesse phnompenhoise), dans un pays où tout manque (une médecine difficilement accessible, une agriculture précaire, une éducation publique laissée à la dérive, etc...).
Pour moi, le Cambodge est un immeuble, que l’on tente d’élever de plus en plus haut, mais qui n’a pas de fondation. Il ne faut pas s’étonner que cela se fissure de partout et le pays ne tiendra pas
ainsi longtemps !
Il est donc impératif de connaître cette partie de l’histoire pour pouvoir comprendre le Cambodge et la société cambodgienne actuelle.